jeudi 19 avril 2018

19 avril


La première fois on lui désigne le comptoir, Posez ça là, lui est-il intimé d'un coup de menton. Là ? hésite-t-il, étonné que le réceptionniste, un colosse aux allures de vigile, ne se risque pas même à tendre une main. Sur le comptoir, il y a des petits tas de courriers.
La deuxième fois, la porte qui donne sur le boulevard est fermée, le digicode obtus. Une plaque annonce que l’accès est interdit aux démarcheurs et aux quêteurs, rentre-t-il dans une de ces catégories ? Il attend que quelqu’un sorte pour pénétrer dans l’immeuble.
La troisième fois, on se croirait dans un aérogare tellement le hall est vaste. Il ne serait pas étonné que retentisse un carillon au plafond tandis qu’il avance vers l’hôtesse, très professionnelle. Pour se déplacer elle utilise un sourire et une chaise à roulettes.
Ainsi Binh-Dû revient de sa première journée avec en tête l’image d’un colis suspect qui voyagerait en classe affaires dans un avion sans passagers. La métaphore n’est peut-être ni des plus heureuses ni des plus pertinentes mais elle donne des ailes à ses chevilles.

(à suivre...)