jeudi 11 octobre 2018

11 octobre

Et l'océan est toujours en place. Première infusion d'air atlantique, le dos de Binh-Dû le lance au matin sur le sentier côtier, poussé par le vent. Mais comme il s'agit aussi de revenir, la chance tourne. Sur le parking, ce qui tirait sur la gauche se révèle pneu dégonflé. Il faut s'asseoir sans rien blesser, suspendre la crispation des lombaires, relâcher au havre du garage.

Le traumatisme commence à se soigner en quatre tours de boulons, d'abord dans le sens contraire des aiguilles, il paraît que rien n'est plus élémentaire que l'équilibre. Les routes sont jonchées de châtaignes aux bogues éclatées et de feuilles rousses, le cycle des compensations tourne à plein régime. Même si parfois le voyant d'huile s'allume, telle une douleur fantôme.

Au soir, celle-ci s'effacera devant une crêpe à l'andouille. Mais ce qu'on retiendra, outre le plaisir de retrouvailles, c'est la seconde infusion qui fut la plus sereine, entre changement de valve et vidange, zénith et crépuscule, à nouveau en prise ; ayant pris garde de ne pas écraser les patelles, s'étant excusé auprès de l'aigrette délogée de derrière son rocher.