23 juillet
(10/10)
La plaine est hostile en ce temps de fascisation, bien qu'elle le soit un peu moins qu'on n'avait pu le craindre. Dans la région, l'extrême-droite est majoritaire aux élections. Dans le département. Dans le village.
Je suis accueilli en bastion familial de gauche. La maire blonde permanentée invective les "bolchéviques" dans les rues. Un tortionnaire de l'Algérie française patrouille au milieu des vignes avec son chien et son petit-fils en treillis militaire taille enfant.
J'ai mal au genou. Je rattrape en replay les étapes de montagne du Tour de France.
Je rattrape la politique, les mails, les posts, je sens mon énergie être aspirée par l'écran de l'ordinateur. Ne plus marcher mais courir rattraper un retard pris vis-à-vis de l'ordi.
L'ordinaire, l'ordonnateur.
Je sens ma vitalité qui s'effiloche.
Mais j'avais faim aussi. On me traite comme un coq en pâte, je finis les assiettes de toute la tablée.
Le restaurateur vote peut-être pour le fascisme, comment ne pas suspecter ?
Ça le chiffonne que je ne boive pas de vin, sa contrariété est-elle désir de partage, passion des valeurs traditionnelles et catholiques, considération de sa marge bénéficiaire ? Il me reproche de manquer au soutien des viticulteurs, je choisis de croire que c'est de l'humour. Je soutiens les maraîchers avec un méli-mélo de légumes.









