Il y a longtemps que je ne me suis pas levé de bonne heure mais cette fois-ci il est midi passé, j'ai entendu la porte se refermer. Seul avec le chat de nouveau, juste le temps de le quitter et d'aller une fois encore courir sur les plages et les rochers.
Je ne suis pas Marcel Proust. On ne peut pas avoir le goût de phrases si alambiquées et celui du vent qui ébouriffe. Les madeleines se dégustent dans le confort d'une pièce bien chauffée. J'ai commencé Á la recherche du temps perdu au matin d'une insomnie.
Comme s'il avait fallu que je connaisse l'une pour que je découvre l'autre – ma première pensée étonnée du premier matin, dans le train, que le chat allait balayer d'un coup de patte. Je me demande si Colette a connu le renversement d'un encrier sur un manuscrit.
Obscurcissant un passé tout récent. Ma réelle première pensée d'un matin blanc a été pour la douceur d'une aube inhabituelle, en appréciant la chance de n'avoir pas à la vivre chaque jour pour me rendre au travail. Dans le métro une femme s'était endormie en face de moi.
C'est une étrange journée, la pénultième. Dans deux jours je cesserai à nouveau de parler avec mon amie comme si nous avions des années à rattraper. Dans deux heures l'amie qui nous a présentés viendra prendre le thé, vite je ressors pour ne rien manquer du coucher du soleil.





