Elle fouille dans sa mémoire pour en extraire une citation d'Albert Cohen, sur laquelle elle était tombée en lisant Le livre de ma mère. Une citation lunaire qui glorifiait l'épouse perçant avec tendresse sur la peau de son mari un bubon plein de pus, trouvant ce geste plus beau que les élans passionnels d'Anna Karénine en personne.
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Depuis qu’un médecin de Géorgie lui avait dit que « tant qu’un homme a le cou plein, ferme et fort, sa santé sera bonne », Mme Wilson avait pris l’habitude de masser le cou du Dr Wilson tous les soirs avant le coucher, et d’y chercher boutons enflammés, grains de beauté sensibles, grosseurs, creux anormaux, etc. Jamais épouse ne fut aussi soucieuse de la santé de son mari qu’Ellen Wilson : j’espère ne pas faire un trop grand bond en avant dans mon récit en notant que, sur son lit de mort, en août 1914, Mme Wilson s’épuisa en questions anxieuses sur la santé de son mari, car la présidence des États-Unis qui reposait lourdement sur ses épaules exacerbait les nombreux maux physiques du pauvre homme.
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Au bout de presque trente ans de mariage, Luce n’est jamais tout à fait certaine du ton de son mari, ni de la signification de ses expressions faciales. Dédain pour son esprit obtus, compassion pour sa naïveté, affection envers son grand cœur ?
Ou alors toutes ou aucune de ces options ?
Ou alors toutes ou aucune de ces options ?
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Comment avait-elle pu devenir à ce point dépendante d'une autre personne ? La réponse, bien sûr, était d'une déprimante évidence : elle avait glissé dans la dépendance parce que c'était la solution la plus facile.
Chloé Delaume (in Ils appellent ça l'amour)
& Joyce Carol Oates (in Maudits)
& Joyce Carol Oates (in Pêcheurs entre les mains d’un dieu en colère)
& Emily St John Mandel (in L'hôtel de verre)
Chloé Delaume (in Ils appellent ça l'amour)
& Joyce Carol Oates (in Maudits)
& Joyce Carol Oates (in Pêcheurs entre les mains d’un dieu en colère)
& Emily St John Mandel (in L'hôtel de verre)