samedi 3 janvier 2026

Un inconscient courage

22 juillet
(9/n)

    C'est jour de départ, adieu les montagnes, direction la plaine.
    Ultime balade le long d'une rivière, cela n'a pas grand intérêt si ce n'est de profiter de la fraîcheur, une dernière goulée avant immersion dans la canicule et l'hostilité que mon apparence basanée risque de susciter chez les bas du front (national).
    La nuit a été éprouvante, agitée de rêves violents où il s'agissait de protéger la veuve, l'orphelin, moi-même, d'être héros à corps défendant. Où j'étais contraint par orgueil à ne pas être lâche.
    C'est d'un tel dilemme que j'ai rêvé : d'une action qui déborde la honte (existentielle, largement inconsciente) en affrontant la peur (irrationnelle). La honte est le cœur de la peur secrète que cache la peur évidente. La honte appelle un débordement dans le rêve et par le rêve, comme le recours aux nombres imaginaires pour résoudre une impossibilité réelle (dans l'espace déjà parallèle en soi des mathématiques). C'est le i correspondant à la racine carrée de -1, soit le i² = -1. La honte est hideuse.
    À l'opposé se trouve – je m'en persuade – un inconscient courage avec lequel redescendre en plaine, et une fierté afférente qui n'aspire qu'à la joie.