2 décembre
… Elle au pays des loutres, des cerfs, et des baleines cachées, moi dans son territoire breton. On compare nos photos, nos aventures, nos zones de confort et de vulnérabilité. Nos projections sur le futur et le passé. Je ne saurais dire qui est le plus bavard des deux, ou qui écoute le mieux, en une compatibilité à haute intensité. Elle m’apprend le langage du chat – qui ne faisait pas par hasard tomber au sol le porte-clefs de l’étagère dans l’entrée (car elle lui ouvre la porte de l’appartement et de l’immeuble le soir pour qu’il aille vivre sa vie dans les rues), et qui mange enfin de bon cœur sa pâtée quand on lui caresse la tête en même temps…
Elle me fait découvrir le terrain où il serait possible de vivre dans une caravane échouée, et ce serait comme un rêve avec l’océan au bout du chemin creux. Le sentier que j’arpentais seul les jours précédents, nous le suivons de concert, moins vite, toujours devisant. Nous arrêtant pourtant pour saisir en photo un instant de soleil à contre-jour. La nuit continue d’arriver de plus en plus tôt, on brosse carottes, potiron et courge butternut avant de les mettre en pièces pour la soupe. Je suis plus fatigué que si j’avais couru un (semi) marathon. Tant de choses à écrire encore, tandis que les heures obscures défilent, je ne me lèverai pas de bonne heure.
