4 décembre
(16/16)
Le soleil reste voilé, c'est vraiment la fin.
Alors peut-être vaut-il mieux ne rien en dire, se réserver pour les commencements.
Ou pour les transitions.
Alors peut-être vaut-il mieux ne rien en dire, se réserver pour les commencements.
Ou pour les transitions.
Dans le train un militaire gobe des gélules comme si ses muscles risquaient de se dégonfler sinon. Une étudiante jongle entre son PC, un carnet et une grosse calculatrice, elle porte un bonnet avec des oreilles d'ourson. Un type en dreadlocks m'emprunte un stylo ; quand il me le rapporte le plastique est chaud entre mes doigts. J'écris parcimonieusement. Je suis le seul à être assis dans le sens de la marche. Un jeune homme échevelé s'affale sur les deux sièges en face de moi, retire ses chaussures et s'allonge, bras croisés, jambes repliées pour ne pas trop déborder sur la travée centrale. La fille aux oreilles d'ourson referme son laptop et sort de son sac un tricot et une pelote de laine ; je porte un œil neuf sur son bonnet. Le militaire grogne et rit en sourdine en regardant une vidéo sur son smartphone ; puis il s'endort lui aussi. Je sors mon Proust. Je n'entends pas le cliquetis des aiguilles à tricoter. Au terminus je réveille mon voisin pas militaire, d'une main posée sur son épaule. Dans le métro une femme qui dodeline sur un strapontin observe le sable collé sur mes chaussures.