mardi 31 mars 2026

Tant de choses

26 novembre (2)

    Je ne peux pas reconstituer mes textes. Mais je voudrais les raconter, un minimum. On y trouvait des journées de marche sur les falaises, les plages. Entremêlées à ma lecture tardive de La recherche du temps perdu. J'avais écrit une somptueuse phrase proustienne, plus belle que les siennes... Je parlais du fait d'écrire avant que de savoir lire, d’écrire sans écrire mais simplement en marchant, qu’ainsi naissait l’écriture. Je pensais à Proust en croisant une punk sur un sentier. Ou un vieil homme qui m'indiquait un raccourci et à qui je n'avais osé demander s'il était né dans le même pays que mon père. 
    Je parlais de l'amie qui m'invitait à passer une quinzaine de jours chez elle en son absence, en compagnie de son chat. Je parlais des oiseaux peuplant la retenue d’eau qui se déversait dans le port. Je parlais d'une bouée de chenal rouge dans la nuit, alors que je n'y voyais plus trop sur le chemin. Je parlais d’un rouge-gorge inconnu lors d'une ballade faite cent fois depuis mes cinq ans et de l'arbre mort qui semblait animal chimérique, cette ballade était donc inédite.
    Il y avait tant de choses à raconter.