jeudi 2 avril 2026

Infra-proustien

26 novembre (3)
 
    Je vais reprendre là où j'en suis, à plus de la moitié du séjour. Comme si c'était un premier jour. Me reviendront des éclats de phrases évanouies. Ce sera infra-proustien. Ce sera mieux que rien.
    Et je veillerai à ce que le chat ne passe plus sur le clavier. Et je sauvegarderai chaque session d'écriture. Et je ne garderai pas rancune à cet animal qui n'a aucun sens de l'écriture et surtout pas de sa dimension sacrée. Le vent chante par les huisseries (je parlais de ses rafales plus bruyantes qu'un ronronnement). 
    Je parlais de mes chaussures et de mes sur-chaussettes que le chat, dans sa nudité immuable, m'observait retirer comme si c'était un homard qu'on dépiautait. Je racontais comment il sautait sur le rebord de la fenêtre, regardait dehors, bondissait sur le parquet, miaulait, me regardait, bâillait, s'allongeait... avant de sauter sur le rebord de la fenêtre, regarder dehors, bondir sur le parquet, miauler, me regarder, bâiller, s'allonger... (ad libitum), et je me demandais ce que je ne comprenais pas ; je l'avais nourri, j'avais renouvelé ses écuelles d'eau, nettoyé sa litière, je l'avais caressé sur la nuque et entre les oreilles, là où ça ronronne, je lui parlais ASMR, alors quoi encore ?
    Je l'aimais bien, ce chat.