Elle constate qu'il ne s'apaise pas avec les années, au contraire, et elle le déplore, même si parfois elle a l'impression que c'est justement grâce à lui qu'elle garde un esprit vif et lucide. Il lui en veut comme si elle était toujours une jeune mère suffisamment forte pour donner, réparer, se défendre, et non une vieille dame dont il faut prendre soin. Le jour où il comprendra qu'il n'y a plus personne à qui demander des comptes, je mourrai, songe-t-elle souvent, ou alors, il ne le comprendra qu'à ma mort.
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Je vais et viens dans l'appartement en ramassant les objets d'Amber. Chaque objet semble palpiter de vie, d'expérience, d'amour. C'était pareil quand ma mère est morte : j'ai tournicoté dans sa maison, celle où j'avais grandi, au milieu de sa collection de DVD, de ses chemisiers à fleurs vaporeux, des tubes d'ibuprofène géants, des livres intitulés La Solution à l'arthrite ou Recettes anti-inflammatoires.
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L'odeur de l'encens l'accompagna toute la journée. Au bout d'un moment, à force d'écouter les anecdotes que les gens racontaient sur sa mère, Elizabeth se sentit discrètement envahie par une tristesse qu'elle ne pouvait partager. Cela tenait en partie, pensait-elle, au fait que sa mère avait toujours été une personne pour les autres, et pas tant que ça pour elle, et il était à présent trop tard pour arranger les choses.
Zeruya Shalev (in Stupeur)
& Deborah Willis (in Girlfriend on Mars)
& Andrew O'Hagan (in Caledonian Road)
Zeruya Shalev (in Stupeur)
& Deborah Willis (in Girlfriend on Mars)
& Andrew O'Hagan (in Caledonian Road)