21
septembre
Comment ça va avec la douleur ?
De mal en
pis.
Ah, la
petite satisfaction nichée au cœur de la plainte… Quand tu ne peux
raisonnablement plus répondre Ça va,
avec ou sans. La douleur est là, platement physique, et elle s’épanouit dans
les dimensions de ton âme.
Mais je voulais parler de Céline.
Céline parle
avec les arbres et les animaux de la forêt. Quand elle danse dans la prairie,
elle s’imagine que ses pieds massent l’humus et propagent de discrètes ondes
électriques tout autour, qui picotent et réjouissent, oh oui, elle se laisse
tomber sur le dos, les bras écartés, au ciel passent des nuages tandis que sa
respiration peu à peu s’apaise.
Comment ne
pas parler de Céline, comment ne pas l’aimer ?
Le soleil est à l’équilibre des pôles, tu ne peux en dire autant de toi-même. Tu n’es pas capable d’étendre tes deux bras à l’horizontale et tu vis dans l’hémisphère nord. Ce qui est certifié, c’est que les jours vont commencer à ralentir leur décroissance – jusqu’au prochain point d’équilibre que sera le solstice. C’est une relative consolation.
Quand tu te
tiens immobile, assis en tailleur, tu peux oublier la douleur. Mais tu
n’oublies pas qu’il va te falloir bouger – car tu n’es pas mort.
On pourrait donc
dire que ça va.