mercredi 6 juin 2018

6 juin

D’abord, Binh-Dû peste contre la décision prise de fermer le parc en raison d’une alerte météorologique. Il exècre cette logique d’alerte qui envahit insidieusement le quotidien. Si éloignée de la vivacité du moment présent. Si petitement sécurisante. Certes, le vent souffle un peu fort, et alors ? N’a-t-on plus le droit de risquer de se prendre une branche morte sur la tête ?
Ensuite, il s’essaie à la plaisanterie avec une hôtesse d’accueil (quelle vulgarité dans ces appellations marketing...). Il suggère qu’on lui rembourse ses tubes de dentifrices sans en retrancher la promotion de deux pour le prix d’un. Il se fait pitié. Devant le stand des légumes, il informe un couple que les avocats bios sont moins chers que les pas bios. Mais qu’est-ce qui lui arrive ? Lui revient en mémoire qu’à la poste, il a perdu deux minutes à négocier avec un automate borné le rapport poids/euros d’un paquet à timbrer.
Il est devenu vieux, c'est ça ? Et avare, par-dessus le marché ? Ou bien a-t-il toujours été vieux et avare ? Et acariâtre aussi, croyant que c'était de la rébellion ? Ou bien est-ce seulement la peur de vieillir qui l'amène à s'inquiéter si souvent de son âge ? Il accélère le pas, face au vent. Alerte au fâcheux, à l'ennuyeux ! Qu'un pot de fleurs tombe et le réveille !